Conte de Pâques .

Un conte pour Pâques -

Voici un beau conte pour Pâques, qu’on peut lire aux enfants au moment du coucher, à la lueur d’une bougie!

Une petite poule qui n’avait encore jamais vu la lumière du jour décida d’entreprendre un long voyage à travers le monde.

Ravie, elle courut le long d’un ruisseau jusqu’à ce que, saisie de frayeur, elle s’arrête soudainement. Un monstre terrible, dont les oreilles inspiraient la peur, venait vers elle, suivant son chemin. Alors, la petite poule fit demi-tour et retourna d’où elle était venue.

Le monstre en question était un jeune lièvre qui lui aussi, pour la première fois, découvrait le vaste monde.

Le cœur léger, il bondissait sur les rives du petit ruisseau, mordillant de-ci, de-là, un brin d’herbe nouvelle. Et voilà que soudain, une créature des plus dangereuses surgit devant lui.

C’était un oiseau, pas très gros, mais aux petits yeux perçants et au bec pointu fort inquiétant. Aussi préféra-t-il retourner dans la tanière familiale et fila comme une flèche. Ce n’est qu’à la lisière de la forêt qu’il s’arrêta. Il regarda prudemment derrière lui pour voir si son poursuivant était sur ses traces. Mais de celui-ci, il n’en vit même pas l’ombre, ne serait-ce même que la moindre plume de son derrière! « Il y a donc un animal qui prend la fuite devant moi. Il m’est, à vrai dire, bien sympathique! »

Entre-temps, la poulette, elle aussi, s’était arrêtée dans sa fuite pour reprendre son souffle. Elle vit que le terrible animal qu’elle avait rencontré avait bel et bien pris lui aussi la poudre d’escampette.

Que firent donc nos deux héros? Ils rebroussèrent chemin tous les deux, allant l’un vers l’autre. Ils se dirent bonjour, un peu honteux et confus de leur frayeur. Et ils se plurent fort et devinrent les plus grands amis du monde. Depuis cet instant-là, ils devinrent inséparables et on les voyait toujours ensemble. Si bien qu’ils rencontrèrent chacun la famille de l’autre, et tous se plurent fort les uns les autres. Tout cela est très important, car de là vient qu’il y a aujourd’hui des œufs de Pâques ainsi que le lièvre de Pâques.

Les lièvres et les poules, qui ont souvent leurs petits qui naissent vers le temps de Pâques, sont les animaux les plus pacifiques de la création. Et ces deux amis dont on parle aujourd’hui étaient particulièrement bons et généreux.

La vieille poule de la famille avait trouvé un bel endroit, tout contre un fourré, et là, elle couvait ses œufs. Les lièvres, qui n’avaient encore jamais vu d’œufs de leur vie, n’en croyaient pas leurs yeux et ne pouvaient détacher leur regard des petits œufs blancs et ronds, si jolis. Voyant cela, la mère poule leur offrit ses œufs, car elle savait bien qu’elle pourrait en pondre suffisamment. Les deux familles, donc, se trouvaient réunies autour des œufs, et ils en vinrent tous à parler très sérieusement :

« D’où vient donc le monde, dit le vieux lièvre grisonnant. Je sais que nous venons de la forêt où jadis vécurent nos parents. Mais le monde, d’où vient-il? »

« Cela, je peux vous le dire, répondit la vieille poule, et seules les poules peuvent savoir cela : le monde vient d’un œuf! » Et elle parla des œufs, et de comment aussi ils devaient être protégés, couvés.

« Mais il doit bien y avoir quelqu’un, dirent les lièvres, qui a couvé l’Œuf des Mondes. L’Œuf de l’Univers. »

« C’est vrai, répondit la vieille poule, car si un œuf n’est pas couvé, rien ne peut en naître. C’est le grand Oiseau des Mondes qui a pondu, réchauffé de son corps et couvé cet œuf. »

Les lièvres furent heureux d’avoir découvert tout cela et regardaient les œufs qui étaient là devant eux, le cœur plein de joie. Ils ne savaient pas que ce jour qu’ils vivaient était justement le dimanche de Pâques, jour où la lumière du soleil a une force toute merveilleuse, toute particulière.

La maman lièvre venait juste de demander ce qu’il était advenu ensuite de l’Œuf des Mondes, lorsqu’ils entendirent soudain une merveilleuse musique. Le soleil s’était levé dans toute sa magnificence au-dessus de l’horizon et répandait aussi ses rayons sur les œufs. Tous les lièvres, qui aiment beaucoup la musique, se levèrent et dansèrent en suivant la mélodie qu’ils entendaient. Leurs oreilles, longues et pointues, suivaient aussi le mouvement! Et dans le ciel, une alouette volait, battait des ailes en restant au même endroit, et faisait entendre le même chant et louait la lumière.

Et pendant que retentissait le chant de l’alouette et que le soleil déversait ses rayons sur les œufs, toutes sortes de couleurs vinrent se poser sur les œufs, pendant que les poules et les lièvres priaient à leur façon, en silence.

Les œufs reçurent chacun leurs couleurs par les rayons du soleil qui étincelaient tout particulièrement ce matin-là, qui était le dimanche de Pâques. C’est le soleil aussi qui donne aux fleurs leurs couleurs, ainsi qu’à l’arc-en-ciel, et au ciel lui-même. Et en ce jour, il donnait aux œufs toutes ses couleurs.

Et pendant que les lièvres et les poules vivaient ces instants, le cœur empli d’un profond respect, le lièvre le plus âgé de tous reçut comme un souvenir du commencement du monde.

« Il y avait au commencement le Grand Oiseau et l’Œuf des Mondes, dit-il, et la lumière vint à luire sur lui, et il resplendit alors de toutes les couleurs de la vie. »

« Laisse-moi poursuivre maintenant, lui demanda la vieille poule. Car ce n’est pas fini. Il y avait dans l’œuf un liquide argenté et une boule toute d’or, comme cela se trouve dans mes œufs. Et il advint que cet œuf arriva à maturité, tout près d’éclore. Dans mes œufs, à ce moment-là, un petit être pique, donne des petits coups, pépie; puis la dure coquille se brise et il en sort un petit poulet tout jaune qui aussitôt dresse sa tête vers le ciel. Il a bien dû se passer quelque chose comme cela pour l’Œuf des origines du monde : la coquille craqua, et le monde et l’homme, et nous tous en sortîmes, car l’œuf était d’une taille gigantesque. »

« Oui, il a dû en être ainsi », dit le vieux lièvre songeur, se rasseyant sur le sol.

En effet, la musique s’était tue. Ses oreilles aussi s’abaissèrent à nouveau.

Il restait devant eux les œufs maintenant de toutes les couleurs.

« Que pourrions-nous faire de ces œufs que les poules nous ont donnés? » demanda le jeune lièvre qui était là déjà tout au début de notre histoire.

Voilà que juste à ce moment, les enfants de la ferme voisine d’où venaient aussi les poules arrivèrent en sautillant sur le chemin.

« Je sais, dit le jeune lièvre qui était l’ami de la petite poule. Ces œufs nous ont été offerts. Nous allons les offrir à notre tour à ces enfants. C’est là le mieux que nous puissions faire. »

Il en fut ainsi. Le petit lièvre s’assit tout près du buisson où se trouvaient les œufs. Il attirait sur lui l’attention des enfants, imitant les gestes de l’homme. Quels cris de joie poussèrent les enfants, en découvrant le nid aux œufs multicolores!

« Des œufs de Pâques, nous avons des œufs de Pâques de toutes les couleurs », s’écrièrent-ils en allant les montrer à leurs parents qui, en habits endimanchés, arrivaient sur le chemin longeant le ruisseau.

« Où les avez-vous trouvés? leur demandèrent-ils, ce ne sont pas des œufs de poule comme nous en voyons habituellement. »

« C’est le lièvre qui nous les a donnés », répondirent les enfants, et grande était leur joie d’avoir des œufs de Pâques de toutes les couleurs.

D’après Elisabeth Klein : Histoires de plantes, d’animaux, de pierres et d’étoiles.

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Commentaires (1)

1. vero 19/03/2011

Sympathique conte

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